Un temps fort sur l’adolescence proposé par les Francas de Loire-Atlantique
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Lors des ateliers de réflexion de la première journée de cette biennale, des compléments à la problématique posée en plénier ont été apporté autour de deux entrées, celle de l’espace public, celle de l’architecture, du bâti.
Les premières orientations pour l’action ont été évoquées dans trois registres :
Durant les ateliers de réflexion, des intervenants ont réaffirmé le fait que l’espace public, les espaces publics participaient de la construction de soi. Le terrain vague d’autrefois était un espace à investir, ayant cette fonction de construction de l’identité personnelle, nous a dit Guillaume Macher. Certains d’entre nous ont pensé au film « Un coin sans importance » et à la démarche des Francas revendiquant des espaces pour jouer, des espaces pour se construire.
C’est encore Guillaume Macher qui se demandait si nos villes permettaient un droit de cité aux adolescents et aux jeunes, si les ados et les jeunes avaient le droit de faire valoir leur identité générationnelle dans la ville. Si la question a été posée, il n’y a pas eu pour autant de réponse négative... ou positive.
Les adolescents s’arrangent finalement, peut-être, sans doute avec les adultes, avec les craintes de ceux-ci, et dans cette période de passage, de transition où ils ont besoin de lieux intercalaires et de lieux générationnels, dans cette période où ils tentent, où ils doivent passer d’un espace rassurant, à l’espace où ils seront autonomes, ils composent.
Les adolescents s’arrangent finalement, peut-être, sans doute avec les adultes, avec les craintes de ceux-ci, et dans cette période de passage, de transition où ils ont besoin de lieux intercalaires et de lieux générationnels, dans cette période où ils tentent, où ils doivent passer d’un espace rassurant, à l’espace où ils seront autonomes, ils composent, pourrait-on dire.
Les adolescents, les jeunes apprécient notamment les galeries marchandes, parce qu’elles sont tout à la fois espace public fermé et ouvert, espace rassurant.
En effet pour qu’un adolescent accède « facilement » à un espace public, trois conditions seraient à réunir :
« La qualité du cadre de vie conditionne la pensée et le comportement ». Cette citation de Nicolas Ledoux illustre parfaitement toute l’importance du bâti, des structures scolaires ou structures d’animation en termes d’apprentissages et de relations.
Maurice Mazalto regrettait, voire dénonçait le fait que nous ne parvenons que trop rarement à associer conception des usagers et conception des prescripteurs lorsqu’une structure d’animation, lorsqu’un établissement scolaire voit le jour. Ne pas confronter ces perceptions, c’est prendre le risque de la désertion voire du détournement.
une structure, un espace bâti ne vit que par celui et ceux qui les habitent. Or les adolescents plébiscitent les espaces dédiés où circule la parole.
L’architecture scolaire, notamment, matérialise les conceptions de ceux qui construisent des structures scolaires, prenant en compte une des missions de l’institution scolaire, celle de l’apprentissage des savoirs au détriment de la socialisation, soit la deuxième mission de cette institution. Or une structure, un espace bâti ne vit que par celui et ceux qui les habitent. Or les adolescents plébiscitent les espaces dédiés où circule la parole.
Ces adolescents qui lorsqu’ils sont associés, nous y reviendrons, à des projets de réhabilitation, d’aménagement sont bien peu normatifs,... tiens c’est heureux !... et sont presque subversifs, selon certains adultes.
Ces adolescents qui sont d’abord -régulièrement – sans doute parce que nous ne savons guère leur donner à vivre autre chose, en demande d’espaces dédiés, réservés.
Un témoin décrivait hier « une Maison des rencontres » qui avait eu pour ambition de favoriser le brassage inter-générationnel, mais qui finalement est revenue vers un fonctionnement plus cloisonné, où chaque groupe d’âge a retrouvé des créneaux d’ouverture spécifiques.
Presque tous, presque tous les groupes, étaient d’accord pour affirmer et simultanément regretter, le fait que notre société participe au cloisonnement, à l’évitement inter générationnel. Alors comment faire ? Des questions et quelques pistes ont émergé des ateliers de réflexion.
Cette expression est revenue dans tous les ateliers, voire dans les expressions de chacun, avec force.
Je cite :
Comment associer les jeunes les plus éloignés des processus de participation ? les publics captifs ? Comment ne pas désespérer des jeunes consultés lorsque les temporalités s’en mêlent ?
Comment associer les jeunes les plus éloignés des processus de participation ? les publics captifs ? Comment ne pas désespérer des jeunes consultés lorsque les temporalités s’en mêlent ? Entre le moment où la demande est exprimée, les besoins exprimés pris en compte et le moment où le projet, la structure, l’espace est réalisé, il peut s’écouler du temps....tant et si bien que demandes et besoins ont évolué, que le groupe de jeunes a vieilli....
Et nous avons relevé encore des questions ou des réflexions plus ou moins unanimes :
Il s’agirait d’oser une démarche, une posture : oser inscrire les politiques jeunesses dans un registre d’expérimentation, non pas celle qui ne dure qu’un temps pour finir aux oubliettes, mais une expérimentation ou tâtonnement expérimental qui permette tout à la fois l’adaptation au territoire et l’acceptation de la prise de risque. Ceci pour conjuguer la mobilité des jeunes et la mobilité des interventions des animateurs.
Ceci pour proposer trois types d’espaces publics ou d’espaces collectifs :
L’animateur accompagnateur de projets de jeunes, c’est une de nos références, un « incontournable ». L’animateur détenteur, spécialiste de la démarche de projet porte parfois plutôt un projet pour les jeunes qu’un projet avec les jeunes.
Deux groupes de réflexions, peut-être plus, ont parlé hier « d’injonction du projet » et même de « tyrannie du projet » voulant signifier sans doute que nous ne savons penser l’accueil d’adolescents et de jeunes sans les inviter à construire un projet, voire même en ayant à leur endroit un niveau d’exigence que nous n’avons pas toujours peut-être à l’égard d’adultes.
A propos ou en terme d’éthique : c’est notamment dans l’atelier qui abordait l’espace numérique que cette réflexion est apparue.
Il semble nécessaire de réfléchir à la posture de l’adulte qui pour accompagner des jeunes dans la découverte des risques que recèle l’usage des TIC, utilisent les mêmes canaux que les jeunes. Est-ce réellement pour expliciter la fragilité de la frontière entre vie privée et vie publique ? Ou n’est-ce pas – aussi- pour vérifier, contrôler justement cette vie privée ?
Marion Haza suggérait qu’une démarche adulte respectueuse se devait de ne pas générer de perméabilité ; elle invitait par contre à utiliser les TIC « avec » les jeunes, à faire « avec » les jeunes. Ce groupe de réflexion sur la question des médias numériques nous invitait donc à définir une posture éthique, notamment à propos du net et simultanément à développer des actions favorisant :
C’est Marion Haza, encore, qui a dit, je cite « quand les jeunes commencent à maîtriser ce qu’ils montrent ou pas à l’adulte, c’est qu’ils ont compris les enjeux et les risques de l’outil ».
Et pour finir quelques freins et d’autres pistes d’action ont encore été évoqués.
En terme de freins :
En terme de leviers
Je voudrais conclure sur l’inter générationnel qui rime dans les expressions saisies hier avec : -* le fait de susciter l’envie d’aller voir ce que font les adultes et bien-sûr le fait d’inviter les adultes à comprendre ce que font les jeunes,
Il nous semble que cette ambition doit être davantage fouillée afin que nous sachions mieux la décliner, concrètement. Inter générationnel, inter culturel également, des mots à nourrir de pistes d’action, à habiter.... les ateliers de production vont contribuer à ceci.
Synthèse réalisée par Sophie Dargelos, Chargée de mission auprès de la Délégation Générale de la Fédération Nationale des Francas.