Biennale de Nantes

Un temps fort sur l’adolescence proposé par les Francas de Loire-Atlantique

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A l’horizon 2020, la ville éducatrice

L’éducation est une somme d’influences. Influences volontaires qui se caractérisent par la production d’actions éducatives. Influences involontaires produites par d’autres éléments constitutifs de la cité (l’urbanisme, les transports, la communication). Concentration de population, concentration de production, d’offres de service, de services culturels, éducatifs, sociaux et citoyens (conseils d’enfants, de jeunes, de quartier). Pour autant cette abondance pose le problème du partage, mais également celui de l’accessibilité et de l’appropriation. En effet, comment regarder cette abondance comme une richesse, comme une ressource par les possibilités qu’elle ouvre et non comme un frein par les logiques consuméristes qu’elle entraîne, par les pressions qu’elle crée, par l’absence de repères qu’elle génère. C’est pourquoi il nous semble important face à cette situation de ne pas considérer l’éducation uniquement comme une affaire de spécialistes mais bien de regarder l’éducation comme une affaire de citoyens soucieux de leurs enfants, de l’avenir de la jeunesse, de l’avenir de l’humanité.


Ecouter en intégralité la table ronde sur les villes éducatrices :

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Des extraits de la table ronde :

Philippe Deplanque, Délégué général des Francas : Cette notion d’abondance pour une organisation comme la nôtre renvoie sur le champ éducatif à la question de l’offre éducative. Elle est le produit d’un ensemble de politiques volontaristes de l’Etat et des collectivités territoriales, elle est le produit de l’action d’un certain nombre d’organismes comme la CAF. Et puis elle est aussi le produit d’un ensemble d’associations et nous pensons que les Francas ont ici joué un rôle important. Un travail à plusieurs niveaux :

  • un travail de conviction politique pour convaincre que l’éducation des enfants et des jeunes c’est dans tous les espaces, un travail d’ingénierie et de pédagogie,
  • un travail de formation de l’ensemble des acteurs.

Cette offre éducative vise tous les parents, et elle nous amène à nous poser la question du service public de l’action éducative locale, en particulier en milieu urbain. Il me semble qu’il y a deux dimensions dans cette notion : une première qui tombe sous le sens, qui recouvre l’ensemble des services éducatifs qu’une ville se doit d’offrir à ses administrés, une logique de service éducatif qui est croissante et qui pourrait être sans fin si elle n’était pas régulée. D’une certaine manière on pourrait relier cette demande croissante à une logique consumériste et donc interroger le sens du travail éducatif. Une deuxième dimension pour laquelle notre mouvement d’éducation populaire se bat, c’est d’identifier des réponses impliquantes pour les citoyens, mobilisantes et partagées.

Cela nous amène à la question de l’engagement autour des réponses éducatives dans la cité. Cela ne se justifie pas uniquement par le fait que nous ne voulons pas que l’éducation soit l’affaire de spécialistes, cela se justifie aussi sur le fond, par exemple pour que la volonté d’une ville ou d’une métropole soit en phase avec la volonté de son expression éducatrice.

Je crois que l’engagement dans l’éducation se distingue par trois aspects :

  • il contribue à créer du lien entre tous les éducateurs et donc aide à construire de la cohérence territoriale,
  • il a un impact sur l’action éducative, et enfin
  • il participe globalement à la création de richesse collective et d’un vivre ensemble plus établi.

Jean-Marc Ayrault, Député-Maire de la Ville de Nantes : Les mutations, les attentes, les défis bousculent nos habitudes de penser. L’esprit de notre démarche qui s’inscrit dans une stratégie globale, qui est celle de la société de la connaissance, du savoir, qui implique les politiques de développement de la ville, de la métropole, de la vie quotidienne, de l’éducation et donc des questions citoyennes. Il faut un cadre clair dès le départ, avec les jeunes comme avec les moins jeunes, et surtout des étapes régulières, d’échanges, de réponses, mais toujours des réponses même si elles doivent être « non ».

A Nantes nous avons mis en place 11 conseils de quartier et dans les réunions, on constate qu’il y a quand même peu de jeunes. Donc il faut trouver d’autres espaces, au-delà du Conseil Nantais de la Jeunesse, par le sport, la culture, l’accès à l’emploi.

Une politique de transports publics accessible et facile va permettre d’aller d’un endroit à un autre. A Nantes il est facile d’aller d’un point à l’autre, et dans le centre ville, point commun, et d’être à l’aise.

Une politique d’urbanisme doit casser les ghettos et facilite les passerelles avec les quartiers dont on sort le moins.